25 juin 2014

[Prose, Collage] Zombie Mash-Up

Mes fidèles lecteurs (herbes folles qui roulent dans le désert…) vont penser que je suis encore en période dépressive. Vous n'y êtes pas. C'est quand j'arbhore des fleurs et des couleurs pastels que vous feriez mieux de vous demander si je vais bien. Ce n'est que l'esprit serein que j'arrive à partager mon côté le plus sombre. Et c'est rare.

 

Voici donc un texte écrit en mars 2013, il m'aura fallu plus d'un an pour l'assumer pleinement.

Zombie

L'être horrifique à la mode est-il réel? Personnage de fiction ou dure réalité? Insomnies, Peurs, Angoisse, Folie, Détresse, Phobies, Douleurs sont tant de composantes de l'esprit torturé qui mènent à penser que le zombie existe. La dépression clinique est-elle contagieuse? Tout dépend de qui prend le dessus. L'humour peut parfois suffire à trucider la cervelle de celui ou celle qui a abandonné, qui erre dans un champ de chair osseuse dont seule l'odeur putride rappelle qu'on est en vie. Il est si facile de cesser d'exister. De se voiler entièrement les yeux, porter une fine pellicule de vêtements filiformes pour être sûre de ne pas sentir le contact. Si facile de faire semblant. Tout va bien, regarde, je respire, je marche, je mange, je dors, je rêve d'une entrecôte saignante. Mais vois celui ou celle qui marche les bras ballants, qui ne remarque même pas les blessures profondes qui lui font jaillir le sang des entrailles, qui n'est guidé que par une sorte d'instinct de survie ressemblant plus à une pulsion de mort. La peur de la mort elle-même ne suffit pas à ramener à la conscience qu'il est meilleur de vivre, de profiter, de jouir. Un coup sur la tête pour quitter cet état d'âme aussi subordonné que douloureux. Et là même, quand tout va pour le mieux, le moindre déclic pour réveiller le zombie qui sommeille.

Raymonde Finkel aka fujiia

Et pour l'illustrer un collage fait rapidement constitué d'images du net dont je n'ai pas les droits et ne connais pour la plupart pas la source. Je le modifierai volontiers à la demande.

Zombie Mash-Up

 

 

 


26 juillet 2012

Le fantôme de l'escalier

paris-belleville

Quand j'étais petite il y avait un fantôme chez mon père. Quand il emménagé en 1988 au croisement de toutes les lignes de RER, dans ce qui allait devenir le quartier Montorgueil, il n'était pas bon trainer seule pour une jeune fille. D'un côté la Rue Saint-Denis, de l'autre la "bande" qui effrayait tant les voisins et dont la cause devait occuper le temps des conseillers municipaux. Cette bande de jeunes qui glandaient au coin de la rue me rappelle que c'était avant un quartier populaire. Un quartier qui cherchait encore son identité après le passage des halles à Rungis.

J'ai fui ce quartier comme j'ai fui Paris. Je me suis laissée embarquer malgrès moi dans une sorte de prise de décision passive. Accompagner ma mère dans son retour au pays. Revenir pour les vacances, puis, de moins en moins. Comme pour ne pas affronter une violence latente dont j'ignorais la nature. Est-ce que cela se résumerait simplement en la nuit noire? Chez ma mère la nuit était toujours éclairée par les réverbères de la rue tandis que chez mon père les volets venaient m'enfermer dans l'obscurité mansardée, seule avec mon fantôme.

Ma chambre et celle de mon frêre étaient des espaces sous les toits aménagés comme on peut en haut d'un escalier casse-gueule, duquel je suis tombée plus d'une fois. J'ai même nommé une de mes blessures mon "poulet", tant ma peau ressemblait à un pilon roti.

Quand j'étais en bas, que je longeais l'escalier pour passer du salon à la cuisine, mon fantôme me nargait du haut des marches. C'était un clown méchant. Il faisait des grimaces et me défiait de monter. Lorsque je prenais mon courage à deux mains et montais, il disparaissait. Je n'ai jamais pu l'affronter. Ni su qui il était.

beaubourg

la-mort

serpent

 

Ces souvenirs sont bien réels mais restent néanmoins une interprétation en fonction de ce que je vis aujourd'hui. Les mêmes détails peuvent se mêler autrement pour former une toute autre histoire. Je cherche à me dévoiler sur cette plateforme qu'est mon blog, mais je dois tout de même garder une part de mystère, n'est-ce pas?

Les Halles d'hier (clic)

Les Halles de demain (clic)

Le jardin des enfants qui était interdit aux adultes est parti déjà. La grosse tête de Saint-Eustache sur laquelle j'ai joué pendant des heures est amenée à disparaître, elle aussi.

sainte-catherine-copy

billes-roses-copy

Mes albums photo parisiens:

Paris express

Mon quartier

Paris sera toujours Paris

 

Posté par FUJIIA à 14:28 - - Commentaires [17] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,