Le fantôme de l'escalier

Quand j'étais petite il y avait un fantôme chez mon père. Quand il emménagé en 1988 au croisement de toutes les lignes de RER, dans ce qui allait devenir le quartier Montorgueil, il n'était pas bon trainer seule pour une jeune fille. D'un côté la Rue Saint-Denis, de l'autre la "bande" qui effrayait tant les voisins et dont la cause devait occuper le temps des conseillers municipaux. Cette bande de jeunes qui glandaient au coin de la rue me rappelle que c'était avant un quartier populaire. Un quartier qui cherchait encore son identité après le passage des halles à Rungis.
J'ai fui ce quartier comme j'ai fui Paris. Je me suis laissée embarquer malgrès moi dans une sorte de prise de décision passive. Accompagner ma mère dans son retour au pays. Revenir pour les vacances, puis, de moins en moins. Comme pour ne pas affronter une violence latente dont j'ignorais la nature. Est-ce que cela se résumerait simplement en la nuit noire? Chez ma mère la nuit était toujours éclairée par les réverbères de la rue tandis que chez mon père les volets venaient m'enfermer dans l'obscurité mansardée, seule avec mon fantôme.
Ma chambre et celle de mon frêre étaient des espaces sous les toits aménagés comme on peut en haut d'un escalier casse-gueule, duquel je suis tombée plus d'une fois. J'ai même nommé une de mes blessures mon "poulet", tant ma peau ressemblait à un pilon roti.
Quand j'étais en bas, que je longeais l'escalier pour passer du salon à la cuisine, mon fantôme me nargait du haut des marches. C'était un clown méchant. Il faisait des grimaces et me défiait de monter. Lorsque je prenais mon courage à deux mains et montais, il disparaissait. Je n'ai jamais pu l'affronter. Ni su qui il était.



Ces souvenirs sont bien réels mais restent néanmoins une interprétation en fonction de ce que je vis aujourd'hui. Les mêmes détails peuvent se mêler autrement pour former une toute autre histoire. Je cherche à me dévoiler sur cette plateforme qu'est mon blog, mais je dois tout de même garder une part de mystère, n'est-ce pas?
Les Halles d'hier (clic)
Les Halles de demain (clic)
Le jardin des enfants qui était interdit aux adultes est parti déjà. La grosse tête de Saint-Eustache sur laquelle j'ai joué pendant des heures est amenée à disparaître, elle aussi.


Mes albums photo parisiens:
Commentaires sur Le fantôme de l'escalier
- Oh, gosh, Marta, I'm glad you can't understand…
this is one of those "this is the story of my life- now should I click on publish or pretend I never wrote this" kind of post.
(ok, I'll tell you, it's about a ghost I used to see when I was a kid, horror story!!^^)
Thank you so much for stopping by, glad you like the pictures
- Ce quartier a beaucoup changé. Même le prix des fruits et légumes est à la hauteur de la nouvelle branchitude (enfin c'est ce qu'il parait, je n'ai pas le plaisir d'y faire mes courses).
Pour la tête, c'est ce que j'ai entendu, et si tu regardes la vidéo dont j'ai mis le lien "les Halles de demain" en images de synthèse, tu verras qu'elle n'est pas sur le parvis flambant neuf. La vidéo est plutôt longue et chiante et ils ont cru bon de faire croire qu'il n'y avait pas un seul black à Paris. Je trouve personnellement que c'est une honte. Ils ont mis une asiatique qui fait les magasins. Dans les clichés, je ne sais pas ce qui est pire.
Bon comme je m'enflamme, je crois qu'il est temps de m'arrêter! Merci d'être passée et contente que tu aimes les photos
À bientôt… - Tiens, c'est le quartier que j'habite en ce moment ... Enfin presque ... Je suis juste au dessus ! Et je confirme les fruits et legumes y sont tres chers comme tout le reste ... Mais c un quartier que j' aime bien car tres central ... Et de chez moi je peux tout faire a pieds ou presque ...
Bref parisienne mais pas dans la tete ! Pas dans l'attitude !!
A bientot ! - Ah tiens, Myrtille, j'avais pas vu ta réponse!
Cstef, ravie de ton petit passage sur le blog, ça me fait plaisir!! Oui, dans le genre central, comme quartier, c'est dur de faire mieux. Mon autre coin, c'est le Marais, je sais, je suis une petite chanceuse!
Pour savoir où j'habite aujourd'hui, il faudra attendre que mon interview sorte sur Vivre la Photo. Raphaëlle M vient de tomber, donc ça ne saurait tarder.
Bises à toutes les deux, bon mois d'aout, avec ou sans vacances…
- Oui, je suis en plein dedans, justement!!!!!!!!!! Et je m'accroche à ce que je peux. Mais ne t'inquiètes pas, il y a largement assez de prises autour de moi. J'ai lu ton billet sur le bonheur. Le commenter aurait été dévoiler des choses trop intimes. Je garde une frontière entre le privé et le public. Le bonheur absolu, je ne sais pas, mais apprécier les petits moments de bonheur est à la portée de tous!









