Si un jour on m'avait dit que je me poserais devant mon écran un 30 décembre pour faire le point sur l'année écoulée et embrasser la nouvelle qui arrive à grand pas, j'aurais rigolé.

Aujourd'hui je m'ouvre presque totalement pour vous montrer un aperçu de l'ambiance que vous risquez de retrouver en 2013. L'atmosphère sera lourde, et en même temps plus légère. Je me suis rendue compte que je refoulais une grosse partie de moi-même et même si je ne veux pas que ma mère en témoigne, je ne peux plus me cacher derrière des images guillerettes et des billets fleur bleue.

Il en aura fallu, des signes de la vie, pour que j'accepte finalement mon penchant irrémédiable pour tout ce qui est sombre, triste, tragique, la mélancolie, le spleen. Et ce dès mon plus jeune âge. Mon dessin animé préféré? tout dramatique: Princesse Sarah. Mon conte préféré? Mystère aux cheveux bleus, de Marie-Aude Murail. Récemment j'ai re-découvert La Petite Fille aux Allumettes dans des dizaines de versions: Hans Christian Anderson (celle que je connaissais petite), un joli court-métrage de Disney, en BD avec Kirsten de Bertocchini, Sandro, Marko et Sayago et une version primitive dans le recueil de Clarissa Pinkola Estes: Femmes qui courent avec les loups qui met l'accent sur une morale beaucoup plus rude que dans les autres versions plus aseptisées. La petite fille meurt à la fin parce qu'elle a choisi de fantasmer sa vie pour se réchauffer temporairement le cœur au lieu d'utiliser la flamme pour bâtir un foyer et de fait, s'assumer pleinement.

Mon roman préféré? L'attrape-Cœur de J. D. Salinger qui mèle innocence, cynisme et sensibilité. À l'âge bète, c'étaient Les Fleurs du Mal de Beaudelaire suivi des Paradis Artificiels du même auteur.

Ces derniers mois j'ai surtout exploré l'univers des contes, à travers l'écriture et l'illustration. Les exemples que je viens de citer ne mettent peut-être pas en lumière le côté sombre de la force que j'essaie de vous décrire. Il est largement plus visible au travers de ce que je pin sur Pinterest. Les deux images dans ce billet ne sont pas de moi, vous vous en doutez, ce sont juste des inspirations. La première illustre bien le changement qui a lieu en moi. Je tue ce qui doit mourir, ce qui n'a plus d'utilité, ce qui me parasite, au risque de paraître déprimée de la vie ou même morte, mais pour laisser place à une certaine renaissance, à des idées fraîches et nouvelles, plus proches de moi. Plus gaies?

Woody, Raquel Aparicio
Woody de Raquel Aparicio

Et la deuxième illustre simplement mon poème/histoire. Je l'avais écrit en brouillon fin octobre et n'avais pu me résoudre à le publier. Aujourd'hui je le trouve toujours un peu violent, certes, mais je trouve aussi dommage de mettre une vision en prose et la garder pour moi. Je dis pas que c'est du grand art, mais ça se tient.


Je ne sais pas qui est l'auteur de ce photo-montage, trouvée sur Baubauhaus.com, si quelqu'un sait, je serait heureuse d'en mettre le crédit

Pudeur

Je suis à une fête
Il y a du monde
J'ai envie d'être seule
Je sors faire un tour
Je suis dehors
Je marche dans la rue
Je trouve un vieux pistolet un peu rouillé
Je le ramasse
Je marche encore un peu
Je m'arrête
M'adosse à un mur
J'hésite entre la tempe et la bouche
J'opte pour la tempe
J'hésite encore
Je pose l'embout contre ma peau
Je sens le métal froid sur mon crâne
Je profite de cette sensation unique
Je tire
Mais c'est la Roulette Russe
Et j'ai loupé le coche
Je lève les yeux
Il y a du monde
Je vois la pitié
Et toi tu es là
Tu as tout vu
Tu connais ma détresse

 

Sur ce, je vous souhaite à tous que la Saint-Sylvestre soit bien arrosée ou du moins festive et en bonne compagnie. À bientôt pour une nouvelle année sereine, remplie d'inspirations et de créativité.